2013/06/16 : Échanges musicaux Hugo KANT et musiciens locaux

2013/06/16 : Échanges musicaux Hugo KANT et musiciens locaux

Avec 武江 WU Jiang, les frères HE (Naxi Bashaxili Traditional Orchestra) et M. HO (Naxi Traditional Orchestra Theatre), DA Song

Après le concert de Hugo KANT au Rhizome-lijiang art center et avant qu’ils ne repartent en tournée dans le cadre du Festival Croisements à Chengdu et Kunming, nous avons tenu à organiser une rencontre musicale en invitant des musiciens traditionnels Naxi le temps d’une journée. Etaient présent l’artiste multi-facette Wu Jiang (Peinture, Video, Chant), le célèbre violoniste Ho (violon à deux cordes: Erhu), musicien et membre fondateur du Naxi Traditional Orchestra Theatre, Les frères HE (Flute, Flute traversière, Chant) du Naxi Bashaxili Traditional Orchestra (une formation qui compte une trentaine de membres située à Lashi Hai, à proximité de Lijiang), Da Song (percussions) ainsi que d’autres musiciens qui nous ont rejoint au fil de la journée. Nous les remercions tous chaleureusement. Chaque formation accompagnant et improvisant sur la musique des uns et des autres, nous avons assisté à de beaux échanges et la fusion a bien et bel eut lieu entre ces musiciens de talent…

Nous avons pu notamment admirer ces instruments traditionnels, écouter la dextérité du violoniste Ho et sa technique du « hennissement de cheval » avec son violon à deux cordes ornée d’une tête de dragon sculptée et enfin, entre autre chose, découvert avec Wu Jiang le « khoomii » ou chant de gorge, type de chant diphonique ancestral qui consiste à reproduire des sons naturels comme l’écoulement de l’eau, le souffle du vent, l’écho des montagnes, le grondement du tonnerre …

Un chant diphonique se caractérise par une technique vocale qui permet de produire plusieurs notes simultanément au moyen d’un seul organe vocal en combinant divers positionnement de langue ou des des lèvres. Ainsi l’interprète utilise sa gorge pour émettre un bourdon continu et profond, tandis qu’en se servant de sa langue pour contrôler l’air souffle, il parviendra à moduler la résonance en harmoniques plus aiguës qui peuvent atteindre en différentiel six octaves. Un interprète de chant diphonique se doit de bien connaitre et utiliser précisément les différents organes nécessaires au chant: pharynx, cordes vocales, cavité buccale, langue, lèvres et cavité nasale. Les bons chanteurs de Khoomii sont capables de modifier leurs fréquences en adoptant leurs résonateurs, le volume de la cavité buccale, l’ouverture de la bouche et la position des lèvres.
Les chants diphoniques ont depuis longtemps été pratiqués dans de nombreuses musiques traditionnelles à travers le monde. C’est principalement en Haute-Asie qu’on le retrouve chez les Mongols, Touvas, Khakhashs, Bachkirs, Altaiens et Tibétains. Lorsqu’il est utilisé a des fins thérapeutiques, le khoomii a pour objectif principal de rétablir la concentration et l’équilibre psychologique. Cet objectif est bien entendu très proche de certaines pratiques chamaniques et des chants tibétains.

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