Rhizome/ avril 11, 2018/ Aller aussi loin que possible/ 0 comments

Shi Jindian est un artiste natif de Chengdu d’une cinquantaine d’année. Il vécut, enfant, dans une Eglise sous la Révolution Culturelle. De 1972 à 1974, il fit ses études à l’Académie des Beaux-arts de Chengdu. Il est peintre et sculpteur. Ses sculptures sont la continuité logique de ses tableaux et c’est seulement à partir de 1986 que la sculpture prit le dessus et devint sa plus belle forme d’expression. Il quitte rarement son coin de paradis et l’on peut le comprendre : il habite en pleine campagne une magnifique villa moderne qui sert aussi d’atelier pour ses créations, d’exposition de ses œuvres. C’est dans cet endroit parsemé de bambous qu’il travaille apparemment dans la sérénité, Zen. Apparemment parce que d’emblée on est abasourdi par l’étendue et la complexité de ses œuvres. Dans une de ses salles, cinq femmes dans un silence quasi religieux travaillent sans relâche, minutieusement, à l’aide de pinces, d’outils à tordre des fils de fer. Une véritable petite entreprise, une aide précieuse qu’il a acquis depuis peu et qu’il a formé lui-même. Il reproduit dans ses moindres détails toutes sortes d’objets, motocycles, habits, nuages, rochers, portes, cithare a sept cordes…. Ce sont autant des objets modernes que représentant des temps immémoriaux. Toute une iconographie qu’il recouvre de fils de fer – une véritable ornementation – évide l’objet de sa nouvelle carapace, garde la mue. Entre absence et présence, l’objet devient apparition, acquiert sa dimension ontologique. Un travail par le vide mais aussi depuis peu sur les ombres. Depuis, à vrai dire, son exposition « Apparition » à Chengduart (exhibition Shi Jindian et Yang Limin, 2004). Certaines sculptures sont accrochées sur des toiles, se reflètent dessus et provoquent par la – même un trouble de la perception, le dessin des ombres pour certaines est aussi précis que son modèle si bien qu’on est face à deux sculptures qui s’entrecroisent et se nourrissent mutuellement, pour d’autres on passe de la 3D à la 2D. Cependant les formes s’allongent, l’objet se trans-forme. Shi Jindian est toujours en chemin, en recherche. Nous avons eu à ce propos un dialogue fructueux sur les ombres et la lumière. D’autres sculptures sont en suspensions tenues par des fils de nylon comme si l’objet évidé, désincarné était aspiré par les airs ; légèreté lui conférant une dimension religieuse, spirituelle. Vous pourrez admirer son travail au mois de juin en France lors de la première édition de la Biennale d’Art Contemporain Chinois de Montpellier.
Shi Jindian est enthousiaste, il a littéralement plongé à cœur ouvert dans notre projet « Un peu d’Alice ». Il attendait depuis longtemps l’occasion de reproduire une porte monumentale, disparue aujourd’hui de Chine et gardée par de gigantesques guerriers. Tout comme la petite Alice, le monde merveilleux et disproportionné s’ouvre par l’entremise d’une porte, le public entrerait dans notre univers de cette façon. Ë sa propre initiative, il a communiqué notre projet à un autre artiste de Chengdu, Liu Jiakun, architecte célèbre (Honor Prize of the 7th ARCASIA, 2003 et China Architectural Art Prize, 2003, entre autres …) qui a participé aux années croisées France-Chine dans le cadre de l’exposition : Alors, La Chine au Centre Pompidou. Ensemble, ils réfléchiraient à toute une installation environnementale. Ils recouvriraient, par exemple, le lieu choisi de notre événement, d’échafaudages tels qu’on peut en voir ici en Chine. Et bien plus encore…

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