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Wei Qingji, artiste peintre – nov. 2005

Suivant notre carnet d’adresse, rendez-vous est pris avec Wei Qingji. Alors que nous parlons, nos regards se tournent vers l’arrière, attirés par les 3 tableaux qu’il a disposés à notre intention. Wei comprend vite. Il se lève lentement et nous propose de les regarder de plus près. Ils sont magnifiques et plein d’humour, à son image. 

Les 2 premiers appartiennent à la même série, « the interpretation of nouns series » (78×55 cm, 2000). Un voile blanc emplit comme une brume le tableau. A l’interrogation d’Odile, il va chercher un échantillon du précieux tissu pour nous montrer qu’il peint sur de la soie. En sous-impression, des articles de journaux donnent un sentiment d’opacité, je dirais presque une matière sonore bruyante comme des bavardages. Il utilise la couleur brune du thé avec laquelle il dessine toute une iconographie chinoise et occidentale : dragon, nuage, fleur de lotus / revolver, ordinateur, avion. Comme si dans notre société d’images qui produit toujours et encore des images, nous n’avions le temps ni de les questionner, ni de les choisir. Pour le tableau en question, il écrit à côté d’un immeuble : Air, Water, Sun. Il souhaite de l’air, de l’eau, du soleil pour sa ville, précise-t-il. L’autre représente 2 puces en train de forniquer. A côté il dessine un préservatif. En nous les présentant, Wei rit comme si quelqu’un d’autre les avait peints et qu’il les regardait pour la première fois. Il va ensuite ouvrir les grands tiroirs de son bureau et déroule un par un ses tableaux.

Aussitôt, comme par enchantement, l’espace s’annule. Nous sommes entourés de ses peintures, nous plongeons littéralement dedans.

Les peintures de Wei ressemblent à des explosions. Dans « Ideas about T systems »(136×68 cm, 1995), ses tableaux sont couverts de lettres T en noir. Une sorte de labyrinthe qui se désintègre de façon chaotique en plusieurs particules. Le brush est délibérément utilisé dans un style non calligraphié. En 1996, les lettres T sont rassemblées d’une manière compacte dans une partie du tableau et le blanc regagne de son importance. C’est à cette époque que Wei Qingji expérimente d’autres combinaisons possibles entre des techniques et des idées Chine-Ouest. Il utilise l’encre et le papier de soie, mais ressent le besoin de se démarquer du dogme traditionnel. C’est seulement plus tard qu’il devient plus allusif avec l’utilisation d’un symbolisme propre fait de portes et d’attributs féminins qui renvoient à la sexualité. C’est une peinture érotique ; le pinceau par touche et densité alterne entre caresse et brutalité. A l’image de « thing form n°5 » (58×52 cm, 1999), le premier tableau qu’il nous donna à voir…

Wei Qingji est un jeune artiste et intellectuel qui questionne son rôle et son art dans la société chinoise et plus particulièrement dans la rencontre avec l’Occident. Il expose déjà dans les plus grandes galeries à travers le monde. Une des dernières en dates fut la fondation Guerlain à Paris. Après avoir passé une journée en sa compagnie – nous avons bien failli attraper le syndrome de Stendhal – il nous amena à la rencontre d’autres artistes : Li Bang Yao et Jiang Heng.

En 2006, Wei Qingji expose au Pavillon de Lanfant, Aix-en-Provence pour le festival Un peu d’Alice.

 

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