Isabelle ROUQUETTE (France)

Isabelle ROUQUETTE (France)

France – Belgique

Résidence : Avril – Juin 2014

Partir et revenir est le mouvement mixte mis en pratique dans un déplacement. Une
résidence pour un artiste est un point de repère, un lieu possible où il s’agit d’oeuvrer
mais pas n’importe où, ni n’importe comment. Bien au contraire. D’une part il y a une
demeure appropriée, donnée, pour habiter et qui apporte son lot de stabilité ; elle crée
réseaux, rencontres, dépôts matériels. D’autre part savoir s’adresser pour être accueilli
implique des choix construits opérants. C’est bien cette dernière notion « d’opérant » qui
fait une résidence située. L’objet de ma recherche plastique est une tension radicale entre
des polypaysages situés et un télépaysage finalisé. Ce trajet de tensions se construit par
une instauration créatrice, étape par étape, points de vue par points de vue, en
multipliant les allers‐retours.


Mes recherches articulent la problématique de l‘art en rapport pathique avec les
paysages, les vivants et les solutions à trouver localement en déployant des croquis « sur
le motif », capturés dans le trajet de réalisation par différents supports : sonores, vidéos,
photographiques, picturaux, matériels. C’est ce deuxième point optimum, appelé aussi
esquisse, qui fait oeuvre. Mais ce point singulier rejoint le processus des oeuvres
collectives qui se réalisent, elles aussi, sur base de plans esquissés ou de scénarios à faire
et à refaire. Car, rappelons nous : l’oeuvre réussie tient dans une tension qui a pu être
habitée et qui sera habitable par d’autres. Ainsi, dernière étape de la résidence : parfois,
c’est l’agencement toujours singulier de l’ensemble qui est montré ou bien un choix plus
précis mais toujours en rapport avec des hommes et des femmes qui habitent les
territoires voisins. Vient le temps dantesque du retour : une fois rentrée, ce sont tous ces
matériaux que je réactualise en de nouvelles médiationsplastics.
« Médiatrices », car l’oeuvre n’aboutit que si elle témoigne d’une nouvelle esquisse. Le questionnement dans ces déambulations doit rester vivant à chaque étape et pour chacun des lieux « habités ».

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